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Travailler pour une aide sociale? Cela s’appelle du travail forcé!

Déclaration des Marches européennes contre le chômage, la précarité et les exclusions.

Dans différents pays d’Europe se développent des politiques d’après lesquelles l’aide sociale ou une protection contre le chômage ne relèveraient plus du droit commun pour ceux qui ne disposent pas d’autres moyens d’existence. Des chômeurs sont obligés de travailler pour bénéficier des aides sociales. Il leur faut apporter une “contre-partie” pour obtenir une prestation sociale. Et celui qui est soumis à cette contrainte, travailler pour percevoir une prestation sociale, ne touche pas de salaire.

Or, une prestation sociale est un filet de sécurité pour les personnes n’ayant ni argent ni travail rémunéré. On ne peut ni choisir ni refuser un travail imposé par la contrainte. Si tu le refuses, ta prestation sociale est supprimée ou tu t’exposes à de graves sanctions et tu pourras mourir de faim en toute liberté. Cela n’ouvre donc pas de perspectives pour les chômeurs d’obtenir un travail rémunéré. Voilà pourquoi travailler pour accéder à des prestations sociales est une forme de travail forcé.

Ces politiques s’imposent de plus en plus comme un volet de la réduction des dépenses. Elles se développent à des vitesses différentes selon les pays de l’UE, mais la direction est la même partout. Aux Pays-Bas, la situation est d’ores et déjà la suivante pour une partie des bénéficiaires de l’aide sociale : des ouvriers, salariés des services municipaux, sont licenciés et remplacés par des chômeurs. Il y a aussi des entreprises qui reçoivent de la main d’œuvre gratuite et licencient pour cela du personnel rémunéré. Cela s’appelle supplanter le travail rémunéré. Bien que des politiciens prétendent que ça ne serait pas le cas, c’est bien ce qui se passe dans la réalité. Et les salariés voient leur rémunération baisser parce qu’ils se retrouvent en concurrence avec des chômeurs qui doivent travailler pour ne toucher que des prestations sociales.

Une telle main d’œuvre gratuite ne bénéficie pas naturellement des droits dont jouissent les travailleurs rémunérés normalement, comme p. ex. d’un contrat de travail, d’une convention collective ou d’une assurance incapacité de travail.

Ces mesures nous sont fourguées avec le mensonge que, pour augmenter leurs chances d’accéder à un travail rémunéré, les chômeurs devraient d’abord réapprendre les “aptitudes à occuper un emploi salarié” (ou “être employables”). On prétend ainsi que les chômeurs sont eux-mêmes responsables de leur situation de chômage. Mais la cause du chômage n’est pas l’absence d’aptitudes à occuper un emploi salarié. La cause en est la pénurie d’emplois.

Les Marches Européennes contre le chômage, la précarité et l’exclusion exigent :

  • Pas de travail contraint pour les chômeurs.
  • Pas de réduction des prestations sociales.
  • L’arrêt des sanctions contre les chômeurs.
  • Les prestations sociales sont un droit pour ceux qui ne disposent pas de moyens d’existence.
  • Dans tous les pays de l’Europe un revenu social minimum suffisant pour vivre.
  • La création d’un nombre suffisant d’emplois, une réduction du temps de travail avec compensation intégrale du salaire.
  • Un salaire minimum légal et suffisant pour vivre.

 

Pour cela, les critères doivent être définis au niveau européen.

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