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Coordination européenne des Euromarches (8 et 9 Janvier 2011)

(Maison des amis de la nature NFH Köln-Kalk )

Participant(e)s
D:  Christian (ALVD), Ingrid (TALISA), Angela, Erika, Ilona, Hilli, Theo,
Ralf (Association Europe sociale) et invités: Hagan und Willy (KEA)
F:  Daniel (APEIS), Laurent (MNCP), Alain (AC!), Guy (AC!), Manfred,
Michel (les deux Euromarches),
B:  Gregory, Natan (les deux Euromarches), Denis (CSCE)
NL: Piet, Henk (les deux Bijstandsbond)


Samedi 08.01.2011, 14-19 H


Tour des pays

(Notes « télégraphiques » encore à compléter).

Hollande (Piet)

La Hollande connaît maintenant un gouvernement minoritaire avec le soutien critique de la droite populiste (Geert Wilders). On assiste à l’uniformisation et donc détérioration des règlements positifs concernant les handicapés. Les emplois sont rémunérés avec un salaire combiné sur un niveau d’aide sociale. Les chômeurs peuvent être déclarés comme handicapés sociaux et de ce fait doivent accepter un travail bénévole. La condition pour recevoir une aide sociale est une contre-partie par un travail. La naturalisation doit maintenant être financée par elle-même, les certificats du pays d’origine en sont une condition, l’aspect extérieur peut rendre plus difficile les rapports d’évaluation. Enfin, re-communalisation des offices de placement et diminution de la dotation financière.

Il y a même des projets pour un « impôt sur le port du foulard ». En fait, il s’agit là d’une provocation du programme de Geert Wilders!.

Mais il y a d’autres projets bien plus sérieux. Les libéraux du VVD (aussi au gouvernement) ont déjà un projet pour la mesure suivante : on ne recevrait l’aide sociale de manière durable que si l’on parle couramment le Néerlandais.. Les autres en seraient exclus même s’ils peuvent rester légalement en Hollande.

Encore deux précisions ajoute Piet:

A l’avenir les chômeurs seront répartis en deux groupes :

1- Les fortement handicapés (aussi par exemple les handicapés sociaux) : ils doivent assurer un travail bénévole gratuitement.
2- Ceux qui ne sont pas ou partiellement handicapés. Ils devront accomplir un travail normal pour un employeur, mais seront payés en-dessous du salaire minimum légal. Par exemple travailler comme chauffeur de bus sans percevoir le salaire minimum. Si l’on a une attestation médicale d’un handicap à 40%, par exemple pour trouble de la personnalité, on ne percevra que 60% du salaire minimum pour un travail à temps plein. L’Etat complète le salaire par une contribution jusqu’à hauteur du minimum de l’aide sociale aux conditions de celles-ci. Cette mesure signifie pour le moins la casse définitive des acquis du mouvement des travailleurs néerlandais depuis le 19ème siècle. Nous revendiquons : à travail égal, salaire égal !

Les Verts aussi soutiennent partiellement cette mesure en disant que si l’on est payé moins que le salaire minimum, on aura plus de chance de trouver un emploi. Le mot d’ordre de salaire égal à travail égal signifierait que les travailleurs qui ont un job protègent leur situation à l’encontre de ceux qui n’ont pas de chance. On promeut ainsi la fracture sociale.

Belgique

(Denis)

Projets de loi pour traiter les sans-emplois comme des handicapés physiques ou mentaux (en tant que « handicapés sociaux» sans intégration et obligation de travail ). L’allocation de chômage est toujours sans limite. Les conservateurs exigent une limitation. Les politiciens flamands reprochent aux wallons de ne pas mettre assez de pression sur les chômeurs. Des politiciens wallons répondent que les répressions sont plus radicales que dans la partie flamande de la Belgique. Depuis 2004 de plus en plus des chômeurs ne perçoivent plus d’allocation de chômage et environ 30 % d’eux aide sociale. Dans les syndicats, se développe la conscience qu’il faut remettre à l’ordre du jour la question du chômage et des droits des chômeurs.

(Natan)

La Belgique est depuis 6 mois sans gouvernement après les élections parlementaires ( « On en n’est pas encore à la phase du débat pour savoir lequel, mais seulement si un gouvernement doit être formé »). Cela n’empêche pas les plans de restrictions budgétaires de plus de 20 milliards d’EUR. Condition pour allocation de chômage, 12 mois des 18 de travail social obligatoire. Beaucoup de jeunes reçoivent toutefois au mieux des places de travail intérimaire. Des « représentants économiques » exigent le découplage des salaires du taux d’inflation.

France (Laurent)
Les système des services de l’emploi a été profondément remanié (Fusion des Assedic -organisme d’indemnisation- et ANPE -organisme de recherche d’emploi- dans « Pôle emploi »). Dans le cadre de la réforme des retraites, l’entrée des chômeurs à l’âge de la retraite recule de deux ans (de 60 ans à 62 ans). Or pour certains, l’accès à la retraite permettait des revenus meilleurs que le minimum social.

La manifestation traditionnelle des organisations de chômeurs et de leurs soutiens a réuni début décembre à Paris environ 5000 participant(e)s. D’autres rassemblements étaient organisées dans les grandes villes.

(Alain)

La tendance est au travail en commun entre les organisations du mouvement social, notamment entre les organisations de chômeurs, des regroupements pour des droits nouveaux etc….

(Guy)
La croissance du chômage est continue depuis plusieurs années avec un record en 2010, ce qui pose à nouveau la question de la réduction et du partage du temps de travail. Ce n’est pas le choix du président Sarkozy qui favorise les heures supplémentaires défiscalisées au delà des 35H.

Allemagne

(Angela)

La Cour Constitutionnelle a déclaré la loi Hartz IV, dans son jugement de l’an dernier, comme non compatible avec la constitution. Son argument principal était, que le calcul de la prestation n’a pas été effectué de façon transparente.

La dite “réforme” de la loi n’améliore pas la situation pour les RMIstes. Avant, Hartz IV a été calculé sur la base de 20% des revenus de ménage les plus bas, maintenant il est calculé sur les 15% des revenus les plus bas.
Pour les enfants des RMIstes il n’y a toujours pas d’argent, seulement des bons d’éducation et il ne sera plus versé de cotisation vieillesse.

En contrepartie l’allocation de base serait augmentée de 5 euros (actuellement 359 euros). ( le RMIste a droit en plus au remboursement des coûts du chauffage, de l’eau chaude et du loyer.)

Le nouveau règlement continue a être discuté entre le deux chambres du parlement: dans l’une la majorité est chrétien-démocrate-libérale, dans l’autre les sociaux-démocrates ont une légère majorité. Il n’y a pas encore de décision.

(Christian)
Les mesures d’austérité s’élèvent à 20 milliards d’euros.

(Ingrid)

Les sociaux-démocrates demandent un débat sur le salaire minimum. Diminution des moyens concernant les mesures de qualification.

(Ilona)

Suppression de l’assurance retraite pour certains (ALG-II)

(Willi)

Pour d’autres (SGB-XII) détérioration programmée pour les chômeurs qui ne peuvent plus travailler.

En guise de « conclusion » : on note dans la plupart des pays une progression du chômage en chiffres réels et une augmentation de la pauvreté, du fait que les politiques d’austérité concernent en premier lieu les plus démunis, déjà en grande difficulté. Le manque d’emplois pousse à des mesures de radiations massives de l’assurance-chômage et on assimile de plus en plus les chômeurs de longue durée à des « malades sociaux ». Les aides sociales sont conditionnées à des travaux gratuits sous peine de les perdre, ce qui revient à du travail obligatoire.


Bilan de la Conférence européenne du 16 octobre 2010 à Bruxelles

Natan et Gregory informent que financièrement la conférence est équilibrée. Les Euromarches sont devenues encore plus connues en Belgique suite à la manifestation 29 septembre et à la conférence : ce qui a permis d’élargir le réseau grâce à de nouveaux contacts et par une réactivation des anciens contacts. De meilleures relations publiques devraient être examinées en rapport aux discussions avec les associations. La planification et la préparation doivent être améliorées : une demi-année pour la phase de concrétisation était trop courte. Concernant les revendications de la conférence, un groupe de travail sera constitué. Denis propose d’examiner à nouveau dans l’ensemble des revendications et le programme d’action des marches. Michel note le manque de publication des résultats de la conférence, du fait notamment que les contributions n’ont pu être rassemblées.

Agenda 2020

Introduction d’Erika sur le bilan négatif du processus de Lisbonne et les perspectives désastreuses de l’agenda 2020.

Le 20 février se tient une Conférence des Associations allemandes à laquelle Erika doit participer.

Subventions européennes pour les réseaux européens.

Natan informe sur le projet de l’Union européenne “Jeunesse en mouvement”.

Dimanche 09.01.2011


Campagne européenne pour un revenu minimum (Michel)

La revendication des Euromarches de revenu garanti mensuel est celle d’un revenu mensuel garanti à 560% du PIB (voir Travaux de la Conférence de mars 2004 à Bruxelles), ce qui en France, par exemple, se rapproche du salaire minimum et correspond à la revendication des organisations de chômeurs d’un revenu en référence au salaire minimum, permettant de vivre décemment.

L’EAPN (Réseau européen anti-pauvreté) propose de mener une campagne européenne pour garantir 60% du revenu médian, à savoir le seuil de pauvreté tel que défini par l’ Union européenne. «  Pour le Parlement, tout système de revenu minimum doit s’établir au minimum à 60% du revenu médian dans l’État concerné. Indépendamment de leur importance, les systèmes de revenu minimum doivent être accompagnés de stratégies coordonnées alliant mesures créées au niveau national et mesures européennes. » D’une manière générale, cela donne un revenu légèrement supérieur aux aides sociales actuelles permettant à peine de survivre.

Pouvons-nous combiner notre revendication à celle de l’EAPN ?

Cela suppose d’abord de refaire les calculs et d’actualiser les données chiffrées et débattre ensuite sur ce que nous voulons en matière de revenu minimum, sachant que le débat est aussi ouvert pour revendiquer un salaire minimum européen et lutter ainsi conte le dumping social.

Un groupe de travail (Ilona, Gregory, Piet et Alain, autres…) doit faire le point et élaborer des

propositions pour la prochaine coordination de juin.

L’université d’été des Attac d’Europe du 9 au 15 août proposera aussi des ateliers sur ces questions.

(http://www.ena2011.eu/index.php?id=8321&L=1)


Association européenne

A l’initiative de nos collègues belges nous avons commencé à débattre de la création d’une Associations à dimension européenne. A ce jour chaque pays fonctionne dans le cadre national des diverses associations du réseau des Euromarches. Les Euromarches en tant que telles sont une structure informelle de fait sans capacité juridique. Cela suffit pour organiser nos campagnes, assemblées, mobilisations etc… Mais nous aurions besoin d’un cadre plus structuré, ne serait-ce que pour engager des partenariats avec d’autres réseaux, monter des projets qui pourraient être subventionnés etc…

Michel propose à cet effet de créer un « Institut des Euromarches » capable de regrouper les associations existantes, mais aussi d’autres structures syndicales ou associatives, des experts, des personnalités des mouvement sociaux etc….Il n’y a pas à ce jour de « statut » d’association européenne en tant que telle, mais une association domiciliée à Bruxelles et composée d’un bureau transnational peut remplir cette fonction.

Là encore nous constituons un groupe de travail pour fait un projet de statut (Laurent, Michel, Denis, Piet, autres….)


Prochain rendez-vous pour la Coordination des Euromarches

Samedi 18 Juin 2011 de 14H au 19 Juin 2011 13 H.

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Rapport en français à partir des notes en allemandes de Ralf Berger

Traduction (et compléments) : Michel, Piet et Angela

 

 

 

 

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