Marches européennes contre le chômage

 

Le point après la réunion de Florence fin juin 96

 

Florence et l'état des forces européennes

Les choses sont maintenant lancées.

A Florence un appel a été lancé pour organiser des marches européennes contre le chômage pour l'an prochain. Cet appel a été lancé par des forces qui représentent des réalités différentes.

En Grande-Bretagne, les signataires font partie, pour l'essentiel, du réseau des organisations de chômeurs des trade-unions. Ce réseau, qui fait beaucoup de gestion (accueil des chômeurs, etc.), représente la très grosse partie des organisations de chômeurs en Grande Bretagne. Cet engagement est donc très important pour la réussite des marches, ce d'autant plus que ce réseau a déjà l'expérience de marches (après le printemps 94, ils s'étaient inspiré de l'exemple d'AC!). Deux difficultés sont cependant possible en Grande Bretagne. La première renvoie à la faible implication, dans cette première phase, des organisations syndicales de salariés ; on peut espérer que la complémentarité avec l'appel « Ken Coates » (cf plus loin) où l'on retrouve beaucoup de syndicalistes britanniques permette d'aider aux convergences. La deuxième renvoie à la situation politique dans ce pays et à l'arrivée au pouvoir des travaillistes : celle-ci se prépare sur la base d'un programme assez modéré, ce qui divise beaucoup une gauche britannique où syndicalisme et politique ont toujours été entremélé... Il faudrait éviter que ces divergences rejaillissent sur la préparation de marches.

Dans l'Etat Espagnol, les signataires seront les forces qui ont organisé les marches de décembre 1995. Il s'agit de l'association de chômeurs « Baladre », de la CGT espagnole (il y a 4 confédérations qui comptent en Espagne, les Commissions Ouvrières et l'Union Générale du Travail ­ animées à l'origine par des militants du PC pour la 1ère et du PS pour la 2ème -, les plus importantes, et deux petites forces, l'USO, proche de la CFDT française et la CGT qui est l'héritière de la CNT anarchosyndicaliste), et des forces syndicales et politiques de gauche. Ces forces ont montré leur capacités militantes l'an dernier. Si cela est possible, il serait utile d'ouvrir cet arc de force vers les 2 grandes confédérations, mais la crise des Commissions Ouvrières rend les choses difficiles (crise entre une direction qui se recentre et une opposition de gauche animée par des militants communistes).

En Italie, les forces qui pourraient s'investir dans de telles marches sont importantes, mais les choses sont encore très dispersées. Les signataires sont l'organisation de chômeurs du Piemont (nord de l'Italie) de la CGIL, la première confédération du pays (il y en a 3, la CGIL, animée par des militants de l'ancien PCI, aujourd'hui du PDS et de refondacion communista, l'UIL animée par des socialistes, et la CISL animée par des militants chrétiens plus des syndicats indépendants, souvent sous le nom de COBAS). Les forces susceptibles de s'investir sont des centres sociaux (qui regroupe, dans des locaux occupés, des militants sur les terrains du logement, des quartiers, de la culture,...), des syndicats indépendants, la tendance de gauche de la CGIL, plus des forces politiques de gauche, la force la plus organisée en Italie étant Refondacion communista qui se mobilise sur le terrain de l'emploi et du chômage, et qui organise en ce moment des marches de jeunes dans le sud de l'Italie.

En Allemagne les forces sont plus limitées. Kairos, un réseau européen implanté en Allemagne a signé, nous devrions retrouver la gauche syndicale présente à Turin (le réseau de la revue Express), quelques organisations de chômeurs locales, plus des soutiens de courants politiques, les Verts, important en Allemagne, des groupes d'extrème gauche (petits), voire du PDS à l'est. Reste que tout cela ne fait pas encore une force organisée et que le lien n'a pas été trouvé avec un DGB dominé par le SPD et peu souple sur les alliances européennes...

Ailleurs, nous avons de bons contacts en Belgique, où un réseau de type AC! se met sur pieds (avec des syndicalistes et des chômeurs), des débuts en Suisse (avec des syndicalistes), en Hollande, avec le réseau qui organise le « contre sommet » d'Amsterdam en juin 97 qui ont l'air ravis à l'idée de marches européennes, en Suède où une organisation qui travaille contre le chômage nous a contacté. Rien ­ à cette étape ­ dans les autres pays.

 

Secrétariat des Marches

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Appel de Florence

 

 

 

    Le point après Florence
  1. Florence et l'état des
    forces européennes
  2. La situation en France
  3. Les contacts, élargissement
    et complémentarité
  4. Combiner France et Europe
  5. Les débats à avoir,
    politiques et pratiques
  6. Les échéances et
    le fonctionnement

La situation en France

Nous avions organisé une réunion unitaire avant Florence, et nous avons recontacté tout le monde après. Nous pouvons donc faire le point à cette étape.

Côté organisations de chômeurs et de luttte contre l'exclusion, l'accord est général. Nous avons, comme signataire de l'appel de Florence AC!, le MNCP, l'ADEC, l'APEIS, le DAL. Droit Devant!! et le Comité de sans logis n'a pas signé, mais ce n'est ­ croyons-nous ­ que parce qu'ils sont totalement investis dans la lutte pour les sans-papiers. Nous devrions donc avoir tout le monde (sauf Pagat qui a dit vouloir signer mais que nous n'avons pas revu, mais il ne représente plus grand chose), ce qui est maintenant une constante (cf « l'appel des sans » cet hiver ou la lutte sur l'UNEDIC) et est extrèmement utile pour fédérer encore plus largement.

Côté syndical, nous avions à la réunion unitaire la FSU, la gauche CFDT (la FGTE et l'ANPE) et le groupe des 10 (SNUI et SUD-PTT). Toutes ces forces ont confirmé leur soutien. La FSU préférait, à cette étape, que les associations portent l'appel et qu'ils n'arrivent qu'un peu plus tard. Cela ne posait pas de problème, mais il faut penser à la date d'association des syndicats, l'après 21 septembre est peut-être le bon moment.

Les contacts ont été pris avec la CGT. Pour l'instant pas de réponse, à la fois pour ne pas géner leur entrée dans la CES (confédération euroépenne des syndicats), et parce que leur rapport aux associations n'est pas simple...

Même s'il manque encore des forces (côté syndical comme associatif) les forces rassemblées sont plus importantes et les soutiens plus larges qu'à la veille des marches de 1994.

 

Les contacts, élargissement et complémentarité

Au delà des contacts à prendre dans chaque pays, il existe des réseaux européens avec lesquels il nous faut prendre contact.

Le premier est l'ENU, le réseau européen des organisations de chômeurs, auquel AC! a participé l'an dernier. Ils seraient d'accord pour s'inscrire dans le projet de marche, il faudra le vérifier lors de la prochaine AG annuelle, en novembre en Irlande.

Côté syndical, les contacts ont été pris avec la CES. Ils ont été bons au niveau des responsables de la lutte contre le chômage, puis les choses se sont arrêtées là....

Il reste d'autres réseaux européens avec qui il nous faut travailler. L'Assemblée européenne des citoyens ­ ou Helsinki citizen assembly ­ (héritier de mouvements pour la paix des années 80) serait d'accord. Il faudra voir le réseau de défense des services publics, le réseau de lutte contre la pauvreté et le réseau des organisations familiales (important aussi pour ses retombées en France avec la CSF, la CSCV,...), plus des organisations caritatives ou à vocation spécifique (médecins du monde etc.).

Nous avons pris également contact avec les responsables d'un autre appel sur l'emploi, l'appel dit « Appel de Ken Coates, Pour une Europe du plein emploi». Cet appel est issu de parlementaires européens, de différents groupes (communistes, verts et sociaux-démocrates). Il est signé, aujourd'hui, par 150 députés européens, de nombreux députés nationaux (surtout britanniques), et de nombreux responsables syndicaux : fédérations des Trade Unions en Grande Bretagne, le président de la CES, les secrétaires de l'UGT et des CCO en Espagne, de la CISL en Italie, etc. Cet appel va dans le sens des thèses qui sont les notres, même si le mélange de sensibilité politiques et d'expériences nationales différentes l'empéche d'être aussi précis que nous pourrions le souhaiter, sur les 32 heures par exemple... Même s'il nous faut garder une indépendance totale à chacune des initiatives (le seul argument du nombre de députés signataires nous oblige à cela, pour des pays comme le notre), il nous semble possible de travailler en complémentarité avec les initiateurs de cet appel, certains membres d'AC! pouvant signer cet appel, eux pouvant soutenir les marches, etc. Cette complémentarité pouvant être utile des deux côtés : pour nous, cela peut nous ouvrir des portes dans certains pays ou auprès de certaines forces...

 

Combiner France et Europe

Nous avions déjà soulevé ce problème. Le niveau européen est à la fois très présent dans les débats et les préoccupations et peu connu dans son fonctionnement. A un niveau de masse, par exemple, peu de gens savent que la Conférence Intergouvernementale s'est ouverte et quels sont les sujets qui y sont traités.

Cela nous obligera à « nationaliser » la marche, en se donnant des objectifs français et, probablement, en faisant un appel en France faisant le lien entre la marche européenne et les dernières luttes (chômage, exclusion, grèves de novembre et décembre 95,...)

 

Les débats à avoir, politiques et pratiques

Sur le plan politique, la discussion doit porter sur les axes revendicatifs mis en avant pour la marche. Ceux-ci sont présents dans l'appel de Florence, avec le rappel, traditionnel pour nous, de la nécessité de « mesures d'urgences » et de mesures structurelles (réduction du temps de travail, création d'emploi dans la santé, l'éducation, etc.). Ils ne sont pas ­ par contre ­ détaillés: les 32 heures n'y sont pas, etc. Il faut donc vérifier notre accord avec ces éléments revendicatifs et voir ce que nous estimons nécessaire de préciser en tant qu'AC! ou en tant que collectif français. Le côté pratique est très important et doit être discuté rapidement par tous les collectifs. Il s'agit de savoir ce que nous désirons et sommes en capacité de faire côté français. Les marches passerons par la France, mais nous avons toute latitude pour discuter des parcours, des éventuelles marches adjacentes, de la forme de la marche, d'un éventuel grand rendez-vous à Paris lors du passage de la marche... Le seul impératif consiste en l'arrivée d'une marche venant d'Espagne (côté basque ou catalan). Pour les comités locaux, il ne s'agira que d'assurer le passage sur leur territoire (département ou région). Le deuxième impératif consiste à en discuter avec nos partenaires. A la différence de 1994, AC! n'est pas le seul centre de décision (cela posera des problèmes de fonctionnement, cf suivant). Il faut donc que les discussions sur les itinéraires soient vite élargies à nos partenaires. Concrétement les marches définitives ne seront définies qu'au dernier moment. Il faudra cependant fixer les grandes lignes auparavant. Le schéma général (grands itinéraires et dates de passage de relai) devra être bouclé au plus tard aux assises de janvier 97. Cela donne des bornes pour les discussions dans les collectifs locaux : il faudrait que pour notre réunion nationale d'octobre nous ayons un premier point permettant d'avancer.

 

Les échéances et le fonctionnement

Trois dates importantes pour nous avant les marches elles-même (avril à juin 97) :
  • le 21 septembre 96, réunion de travail européenne ou toute une série de choses (logo, bouquin, etc.) doivent être décidées,
  • fin octobre 96, assises AC!, où nous devront faire des propositions précises côté français,
  • fin janvier 97, assises européennes où nous devrons être de 150 à 250 français et où nous déciderons des parcours et dates des marches.
Pour ce qui est du fonctionnement, les choses seront compliqueés par l'existence de deux niveaux : le collectif unitaire et AC!.

Le seul moyen nous semble être de donner toute l'information au même moment. Cela veut dire que tous les compte rendus des secrétariats unitaires sont envoyés à tous les collectifs grace au fichier de la lettre rapide. Cela veut dire aussi que les responsables d'AC! présents aux réunions unitaires sont joignables par les collectifs pour discuter de tous les problèmes politiques et pratiques.

Texte préparatoire à la
réunion 21-22/09/96 de Paris

 

 

 

    Le point après Florence
  1. Florence et l'état des
    forces européennes
  2. La situation en France
  3. Les contacts, élargissement
    et complémentarité
  4. Combiner France et Europe
  5. Les débats à avoir,
    politiques et pratiques
  6. Les échéances et
    le fonctionnement

 

 

 

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